Vous avez identifié un marché public parfait pour votre activité. Le mémoire technique est rédigé, les documents administratifs sont prêts. Mais voilà le moment de vérité : fixer votre prix. Trop élevé, vous êtes éliminé. Trop bas, vous risquez d’être qualifié d’« offre anormalement basse » ou de travailler à perte.
Le prix reste un critère déterminant dans l’attribution des marchés publics, généralement pondéré entre 40% et 60% selon les consultations. Pour une TPE ou PME, savoir calculer et présenter son offre financière n’est pas optionnel : c’est la clé pour gagner des contrats rentables.
Dans ce guide, découvrez la méthode complète pour construire un prix juste, compétitif et défendable face aux acheteurs publics.
Pourquoi le prix est-il si stratégique en marché public ?
L’offre économiquement la plus avantageuse
Depuis la réforme du Code de la commande publique, les acheteurs publics doivent sélectionner l’offre économiquement la plus avantageuse. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas forcément la moins chère, mais celle qui présente le meilleur rapport qualité/prix selon plusieurs critères.
Typiquement, une consultation pondère :
- Prix : 40 à 60%
- Valeur technique : 30 à 50%
- Délais, SAV, RSE : 10 à 20%
💡 Astuce MatchMarché : Consultez toujours le règlement de consultation (RC) pour connaître la pondération exacte. Certains marchés valorisent davantage la technique (50/50), d’autres privilégient le prix (70/30).
Le poids du critère prix (40 à 60% généralement)
Même avec un excellent mémoire technique, une offre 20% plus chère que la concurrence vous pénalisera lourdement. À l’inverse, une offre très agressive sans justification solide peut éveiller les soupçons.
📊 Chiffre clé : Depuis la loi Sapin 2 de 2016, les acheteurs publics ont l’obligation de mettre en œuvre tous moyens pour détecter les offres anormalement basses, renforçant ainsi la vigilance sur les prix proposés.
Le prix est donc un équilibre subtil entre compétitivité commerciale et viabilité économique.
✅ Bon à savoir : À partir d’août 2026, la loi Climat & Résilience impose l’intégration d’un critère environnemental dans chaque marché public. Le critère prix unique ne sera plus autorisé, renforçant l’importance d’une approche multicritère.
Comprendre les différents modes de fixation du prix
Prix global et forfaitaire (PGF) : quand et comment ?
Définition et cas d’usage
Le prix global et forfaitaire (PGF) consiste à proposer un montant unique pour l’intégralité de la prestation, quels que soient les aléas d’exécution.
Secteurs concernés :
- Marchés de travaux (construction, rénovation)
- Prestations intellectuelles (études, conseil)
- Fournitures simples en quantité définie
Exemple : Rénovation énergétique d’une école pour 180 000 € TTC, tout compris.
Avantages et risques pour le candidat
✅ Avantages :
- Simplicité de présentation
- Liberté d’optimisation de vos coûts internes
- Pas de contestation sur les quantités
⚠️ Risques :
- Vous portez tous les aléas (hausse des matériaux, retards chantier, etc.)
- Difficile de demander des avenant si vous avez sous-estimé
- Obligation de « tenir » votre prix, même à perte
🎯 En pratique : Le PGF convient aux entreprises expérimentées qui maîtrisent leurs coûts. Pour un primo-accédant, privilégiez les marchés avec bordereau de prix unitaires (BPU).
[IMAGE: Schéma comparatif PGF vs BPU avec icônes – alt: « comparaison prix global forfaitaire et bordereau prix unitaires marché public »]
Bordereau de prix unitaires (BPU) : la méthode détaillée
Fonctionnement du BPU
Le bordereau de prix unitaires (BPU) liste chaque prestation élémentaire avec un prix à l’unité (heure, m², kg, etc.). Le montant total est calculé en multipliant les quantités estimées par les prix unitaires.
Avantage majeur : Si les quantités réelles diffèrent des prévisions, votre rémunération s’ajuste automatiquement (pas de risque de sous-estimation).
Secteurs concernés :
- Marchés de maintenance (entretien espaces verts, nettoyage)
- Marchés informatiques à la régie
- Marchés de fournitures récurrentes
Exemple concret secteur bâtiment
| Désignation | Unité | Quantité estimée | Prix unitaire HT | Total HT |
| Peinture murs intérieurs | m² | 450 | 12,50 € | 5 625 € |
| Ponçage parquet | m² | 180 | 18,00 € | 3 240 € |
| Fourniture et pose appliques LED | unité | 25 | 45,00 € | 1 125 € |
| TOTAL | 9 990 € HT |
💡 Astuce MatchMarché : Avec un BPU, soyez précis sur vos prix unitaires mais prudent sur les quantités. Un dérapage de quantité joue en votre faveur (vous êtes payé pour le réel), mais un prix unitaire trop bas vous pénalise sur tout le marché.
Méthode de calcul étape par étape
Étape 1 – Analyser le DCE et quantifier les besoins
Avant de chiffrer quoi que ce soit, décortiquez le Dossier de Consultation des Entreprises (DCE) :
✅ Check-list d’analyse :
- Quelle est l’étendue exacte de la prestation ? (cahier des clauses techniques particulières – CCTP)
- Quelles sont les quantités ? (décomposé dans le DCE ou à estimer)
- Y a-t-il des contraintes spécifiques ? (délais serrés, normes, certifications)
- Quels sont les options et variantes autorisées ?
- Le marché est-il reconductible ? (impact sur amortissement investissements)
⚠️ Erreur à éviter : Ne jamais se baser uniquement sur le titre du marché. Un « marché de fourniture de mobilier » peut inclure livraison, installation, formation, SAV étendu… Lisez le CCTP ligne par ligne.
🎯 En pratique : Créez un tableau Excel avec toutes les lignes de prestation. Cela servira de base pour votre calcul et votre sous-détail des prix.
Étape 2 – Calculer vos coûts directs
Les coûts directs sont directement affectables au marché.
Main d’œuvre
Formule : Nombre d’heures × Coût horaire chargé
Exemple PME informatique :
- Développeur senior : 50h × 65 €/h = 3 250 €
- Chef de projet : 15h × 80 €/h = 1 200 €
- Support technique : 30h × 45 €/h = 1 350 €
- Total main d’œuvre : 5 800 €
💡 Astuce MatchMarché : Le coût horaire chargé inclut le salaire brut + charges patronales + coûts annexes (outils, poste de travail). Pour un salarié à 2 500 € brut/mois, le coût chargé tourne autour de 50-70 €/h facturables selon votre structure.
Matériaux et fournitures
Listez tous les matériaux, fournitures et consommables nécessaires.
Exemple secteur nettoyage :
- Produits d’entretien éco-labellisés : 450 €
- Sacs poubelles et consommables : 180 €
- Location autolaveuse : 800 €
- Total fournitures : 1 430 €
⚠️ Erreur à éviter : Oublier l’inflation. Si vous répondez en décembre 2024 pour un marché démarrant en mars 2025, anticipez +2-3% sur certains postes (énergie, matériaux).
Sous-traitance
Si vous sous-traitez une partie (obligatoire de le déclarer dans le marché), intégrez le coût négocié avec votre sous-traitant.
Exemple PME BTP :
- Électricité sous-traitée : 6 500 €
- Plomberie sous-traitée : 4 200 €
- Total sous-traitance : 10 700 €
✅ Bon à savoir : Le Code de la commande publique autorise la sous-traitance jusqu’à 100% du marché (sauf exceptions), mais vous devez la mentionner dans votre offre et fournir les attestations du sous-traitant.
Étape 3 – Intégrer les coûts indirects
Les coûts indirects ne sont pas directement liés à une prestation spécifique, mais doivent être répartis sur vos marchés.
Principaux postes :
- Frais généraux de structure (loyer, assurances, comptabilité)
- Frais commerciaux et administratifs
- Amortissement équipements
- Frais de déplacement
Méthode de répartition : calculez un taux de frais généraux (% du CA ou % des coûts directs).
Exemple :
- Coûts directs du marché : 18 000 €
- Taux de frais généraux de votre entreprise : 15%
- Coûts indirects à imputer : 2 700 €
Étape 4 – Déterminer votre marge
La marge commerciale dépend de votre secteur, positionnement et stratégie.
Fourchettes courantes en marchés publics :
- Fournitures/négoce : 5-15%
- Services récurrents (maintenance, nettoyage) : 8-12%
- Prestations intellectuelles (conseil, formation) : 20-35%
- Travaux BTP : 10-20%
- Informatique/dev sur-mesure : 25-40%
Formule :
Prix de vente HT = (Coûts directs + Coûts indirects) × (1 + Taux de marge)
Exemple :
- Coûts directs : 18 000 €
- Coûts indirects : 2 700 €
- Total coûts : 20 700 €
- Marge souhaitée : 15%
- Prix de vente HT : 20 700 × 1,15 = 23 805 €
💡 Astuce MatchMarché : Sur un premier marché public, il est stratégique d’accepter une marge réduite (8-10%) pour entrer sur le segment. Mais jamais en dessous de 5% : vous risquez l’offre anormalement basse ET de travailler à perte.
Étape 5 – Vérifier votre compétitivité
Avant de finaliser, benchmarkez-vous (sans copier !).
Sources d’information :
- Marchés similaires publiés sur data.gouv.fr (montants attribués)
- Réseaux professionnels sectoriels (syndicats, clusters)
- Historique de vos propres réponses (si ce n’est pas votre 1er marché)
Indicateurs clés :
- Votre prix au m² / à l’unité / à l’heure est-il cohérent avec le marché ?
- Êtes-vous + de 20% au-dessus de la moyenne constatée ? (risque d’élimination)
- Êtes-vous significativement en-dessous ? (risque d’offre anormalement basse)
🎯 En pratique : Si votre prix paraît trop élevé, revoyez d’abord vos coûts indirects et votre marge. Si votre prix paraît trop bas, documentez chaque poste pour prouver sa viabilité (voir section « offre anormalement basse »).
Découvrez notre article pour générer des réponses de marchés publics avec l’intelligence artificielle.
Présenter son offre financière : les documents clés
L’acte d’engagement : votre prix définitif
L’acte d’engagement (AE) est LE document contractuel qui engage juridiquement votre entreprise. Il contient :
- Votre prix global HT et TTC
- Le mode de détermination des prix (PGF ou BPU)
- Les conditions de révision de prix (si prévues)
- Les modalités de paiement
Exemple de formulation :
« Le montant global et forfaitaire de notre offre s’élève à 23 805 € HT, soit 28 566 € TTC (TVA 20%). Ce prix est ferme et non révisable pour la durée initiale du marché (12 mois). »
⚠️ Erreur à éviter : Confondre HT et TTC dans l’AE. Par défaut, les marchés publics se traitent en HT (sauf collectivités non assujetties à TVA qui raisonnent en TTC). Vérifiez le règlement de consultation.
✅ Bon à savoir : Une fois l’AE signé, votre prix est verrouillé (sauf révision prévue contractuellement). Relisez 3 fois avant de soumettre.
Le bordereau de prix ou décomposition du prix global
Selon le type de marché, vous devez fournir :
Pour un marché à PGF : Une décomposition du prix global et forfaitaire (DPGF) qui détaille les différents postes sans pour autant créer de prix unitaires opposables.
Exemple DPGF marché travaux :
| Poste | Montant HT | % du total |
| Gros œuvre | 45 000 € | 37,5% |
| Second œuvre | 30 000 € | 25% |
| Équipements techniques | 25 000 € | 20,8% |
| Finitions | 15 000 € | 12,5% |
| Frais généraux et marge | 5 000 € | 4,2% |
| TOTAL | 120 000 € HT | 100% |
Pour un marché à BPU : Un bordereau de prix unitaires complet (cf. exemple section précédente).
💡 Astuce MatchMarché : Même si le DPGF n’est pas contractuellement opposable, soyez cohérent avec votre mémoire technique. Si vous annoncez 50h de chef de projet dans le mémoire, le DPGF doit refléter ce coût.
Le sous-détail des prix : prouver votre sérieux
Pour les marchés à enjeu (> 100 k€ généralement), l’acheteur peut demander un sous-détail des prix (SDP). C’est un document confidentiel qui décompose chaque ligne de prix.
Objectif : Prouver que votre offre est réaliste et défendable.
Contenu type :
- Temps passé par profil (junior/senior)
- Coûts horaires ou journaliers appliqués
- Prix d’achat des matériaux avec marge appliquée
- Frais annexes (déplacement, certifications, etc.)
Exemple SDP ligne « Développement module CRM » :
Développement module CRM : 8 500 € HT
– Développeur senior (40h × 65 €) : 2 600 €
– Développeur junior (60h × 45 €) : 2 700 €
– Recette/tests (20h × 50 €) : 1 000 €
– Licences logicielles : 800 €
– Frais généraux (15%) : 1 400 €
⚠️ Erreur à éviter : Mettre des marges abusives visibles (acheter à 10 € et facturer 50 €). Les acheteurs publics connaissent les prix du marché. Une marge de 20-30% sur fournitures est normale, 300% éveille les soupçons.
Éviter les pièges fatals
L’offre anormalement basse : le danger n°1
Une offre est considérée comme anormalement basse quand son montant paraît irréaliste par rapport aux prestations demandées.
📊 Chiffre clé : L’article L2152-5 du Code de la commande publique définit l’offre anormalement basse comme une offre « dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché ». Depuis la loi Sapin 2 de 2016, les acheteurs ont l’obligation de détecter ces offres.
Comment l’acheteur détecte-t-il une OAB ?
Il n’existe aucun seuil automatique en droit français. La détection repose sur un faisceau d’indices :
- Incohérence du prix par rapport aux prescriptions du marché
- Écart important avec l’estimation de l’acheteur
- Écart significatif avec les autres offres reçues
- Moyens proposés inadaptés aux exigences
Que se passe-t-il ?
- L’acheteur vous demande des justifications écrites (10 jours pour répondre)
- Vous devez prouver la viabilité économique de votre offre (détail des coûts, optimisations, etc.)
- Si les justifications sont insuffisantes → offre rejetée
💡 Astuce MatchMarché : Si votre offre est très compétitive (c’est tant mieux !), anticipez la demande de justification. Préparez un document annexe volontaire qui détaille vos économies d’échelle, optimisations process, ou conditions d’achat préférentielles.
🎯 En pratique : « Nous bénéficions d’un tarif fournisseur négocié à -15% grâce à notre volume d’achat annuel de X tonnes. Nous avons automatisé la phase Y, réduisant de 40% le temps de main d’œuvre par rapport aux méthodes traditionnelles. »
✅ Bon à savoir : La jurisprudence montre que des écarts même importants (jusqu’à 65-70% avec les autres offres) peuvent être acceptés si justifiés, tandis que des écarts plus faibles peuvent être suspects selon le contexte. Tout dépend de votre capacité à documenter la viabilité de votre prix.
Les incohérences entre documents
Erreur classique : Le prix dans l’acte d’engagement ne correspond pas au total du bordereau de prix.
Exemple :
- Acte d’engagement : 25 000 € HT
- Total du DPGF : 25 500 € HT
→ L’acheteur peut rejeter votre offre pour non-conformité.
✅ Bon à savoir : Certains règlements de consultation prévoient qu’en cas d’incohérence, c’est le montant de l’acte d’engagement qui prévaut. Mais mieux vaut ne pas tester cette règle.
Check-list avant envoi :
- AE = DPGF = BPU
- Calcul HT → TTC correct (attention aux taux de TVA : 20%, 10%, 5,5% selon prestations)
- Tous les montants sont bien en € (pas de virgule/point à l’américaine)
Les erreurs de TVA
Cas 1 – TVA à taux réduit oubliée Certains marchés bénéficient de TVA réduite (10% pour travaux d’amélioration énergétique, 5,5% pour travaux d’accessibilité, etc.). Si vous appliquez 20% par erreur, vous gonflez artificiellement votre offre TTC.
Cas 2 – Auto-liquidation de TVA Pour certains marchés de travaux avec des donneurs d’ordre publics, c’est l’acheteur qui auto-liquide la TVA. Vous devez facturer en HT et mentionner « autoliquidation TVA art. 283-2 du CGI ». Renseignez-vous auprès de votre comptable.
Oublier les options et variantes
Si le règlement de consultation autorise les variantes (solutions alternatives) ou prévoit des tranches optionnelles, chiffrez-les séparément.
Exemple :
- Offre de base : 25 000 € HT
- Option 1 (extension fonctionnalité) : + 3 500 € HT
- Variante (technologie alternative) : 23 500 € HT
💡 Astuce MatchMarché : Les variantes sont un excellent levier commercial. Vous proposez une solution innovante à coût maîtrisé tout en restant conforme au besoin initial.
Stratégies pour optimiser votre prix
Jouer sur l’allotissement
De nombreux marchés publics sont allotis (divisés en lots thématiques ou géographiques). Vous n’êtes pas obligé de candidater à tous les lots.
Stratégie :
- Ciblez les lots où vous êtes le plus compétitif
- Évitez de vous disperser sur des lots hors cœur de métier (vous serez moins performant sur le critère technique ET prix)
Exemple : Marché de fournitures informatiques en 5 lots (PC, imprimantes, serveurs, logiciels, maintenance). Vous êtes spécialiste PC/imprimantes → concentrez vos efforts sur ces 2 lots, vous serez plus agressifs sur le prix.
Proposer des variantes intelligentes
Si le RC l’autorise, les variantes permettent de vous différencier tout en optimisant vos coûts.
Exemples gagnants :
- Marché de véhicules électriques → variante avec borne de recharge incluse (négociée en volume)
- Marché de formation → variante 100% distanciel (économie sur frais déplacement)
- Marché mobilier bureau → variante avec mobilier reconditionné certifié (30% moins cher + argument RSE)
⚠️ Erreur à éviter : Proposer une variante qui ne répond pas au besoin fondamental. L’acheteur peut la rejeter d’office.
Benchmarker sans copier
Sources légales de benchmark :
- data.gouv.fr : montants des marchés attribués (par tranche : 0-25k, 25-90k, 90-200k, etc.)
- BOAMP : analyse des marchés similaires sur votre secteur
- Réseaux professionnels : échanges entre pairs (sans entente illicite !)
Ce que vous pouvez faire : ✅ Analyser les prix moyens constatés ✅ Comprendre les fourchettes de prix du marché ✅ Ajuster votre positionnement en conséquence
Ce qui est INTERDIT : ❌ S’entendre avec des concurrents pour fixer les prix (entente illicite pénalement répréhensible) ❌ Copier le prix d’un concurrent connu ❌ Rotation d’attribution entre entreprises
FAQ – Questions fréquentes sur le prix en marché public
1. Puis-je modifier mon prix après avoir déposé mon offre ?
Non. Une fois l’offre déposée, elle est irrévocable jusqu’à la fin de la période de validité des offres (généralement 120 jours). Toute tentative de modification entraîne l’élimination de votre candidature.
Exception : Erreur matérielle manifeste détectée par l’acheteur (ex : confusion HT/TTC évidente). L’acheteur peut vous demander de clarifier, mais c’est rare et à sa discrétion.
2. Comment justifier une offre très compétitive sans être éliminé pour prix anormalement bas ?
Préparez un dossier de justification solide :
- Détail de vos coûts (main d’œuvre, matériaux, sous-traitance)
- Justification des optimisations (process automatisés, achats groupés, etc.)
- Références de marchés similaires réalisés à ce tarif
- Engagement de viabilité (capacité financière à assumer le marché)
Conseils :
- Soyez transparent, pas défensif
- Prouvez que votre prix est réaliste, pas sacrificiel
- Montrez que vous avez compris le besoin (pas de sous-estimation des quantités)
3. Que faire si je découvre une erreur de calcul dans mon offre après attribution ?
Mauvaise nouvelle : L’acte d’engagement vous engage juridiquement. Si le marché vous est attribué, vous devez exécuter au prix indiqué, même erroné.
Solutions :
- Avant attribution : Contactez immédiatement l’acheteur pour signaler l’erreur (il peut exceptionnellement vous autoriser à rectifier si l’erreur est manifeste et que les offres ne sont pas encore analysées)
- Après attribution : Négociation d’un avenant (rare et difficile) ou exécution à perte (puis leçon apprise pour les prochains marchés)
💡 Astuce MatchMarché : Toujours faire vérifier votre offre par une deuxième personne (comptable, associé, assistant) avant dépôt.
4. Les révisions de prix sont-elles automatiques ?
Non. Les révisions de prix doivent être prévues contractuellement dans le marché. Le mécanisme est décrit dans le CCAP (cahier des clauses administratives particulières).
Formules courantes :
- Index BT (bâtiment)
- Index TP (travaux publics)
- Index ICHT (informatique)
- Index SYNTEC (prestations intellectuelles)
Exemple de clause :
« Le prix est révisable annuellement selon la formule P = P0 × (0,15 + 0,85 × In/I0), où In = index ICHT-TS du mois M et I0 = index du mois de remise de l’offre. »
✅ Bon à savoir : Pour les marchés < 3 ans, la révision est facultative. Pour les marchés > 3 ans, elle est souvent obligatoire pour protéger les deux parties des fluctuations économiques.
5. Puis-je proposer plusieurs prix (option basse, option haute) ?
Oui, sous conditions :
- Si le RC autorise les options ou variantes
- Chaque option doit être chiffrée séparément
- L’offre de base doit être conforme au cahier des charges
Structure type :
- Offre de base : 25 000 € HT (répond strictement au besoin)
- Option 1 : + 2 500 € (fonctionnalité supplémentaire)
- Variante : 23 000 € (solution alternative avec même niveau de service)
L’acheteur analyse d’abord l’offre de base, puis peut retenir une option/variante si pertinente.
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Conclusion : Un prix juste pour une relation gagnant-gagnant
Calculer et présenter son offre financière pour un marché public, c’est trouver l’équilibre entre compétitivité commerciale et rentabilité. Un prix trop élevé vous écarte d’office. Un prix trop bas vous expose à un rejet pour offre anormalement basse, ou pire, à un marché déficitaire.
Les 5 règles d’or à retenir :
- ✅ Analysez le DCE dans les moindres détails avant de chiffrer
- ✅ Calculez tous vos coûts (directs + indirects) sans exception
- ✅ Vérifiez la cohérence entre tous vos documents (AE, DPGF, BPU, SDP)
- ✅ Benchmarkez-vous pour rester dans une fourchette réaliste
- ✅ Documentez vos optimisations pour défendre un prix très compétitif
Gagner du temps et sécuriser vos offres
Construire une offre financière complète et sans erreur peut prendre 3 à 5 heures pour un marché moyen. MatchMarché automatise cette étape en :
- Générant automatiquement vos documents financiers (AE, DPGF, BPU) à partir de vos données
- Vérifiant la cohérence entre documents (fini les erreurs HT/TTC !)
- Vous alertant si votre prix sort des fourchettes constatées sur des marchés similaires
- Proposant des templates de justification d’offre compétitive
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